Travail intergénérationnel : Viaposte encourage la transmission entre les générations
Sur le plateau de L’Émission, Dorothée Kristy ouvre le dialogue autour d’un sujet d’actualité pour toutes les entreprises : le travail intergénérationnel.
Une question guide cette 5ème édition : « Jeunes et anciens : au travail, qui apprend de qui ? » Comment mettre en place une bonne coopération intergénérationnelle quand on sait qu'aujourd'hui quatre générations évoluent ensemble sur le marché du travail ?
Pour tenter d’apporter des éléments de réponse, L’Émission donne la parole à quatre invités aux regards complémentaires : Clovis Taittinger, Léo Maisonnave-Couterou, Catherine Goldfarb et Bruno Bongeot.
Des parcours différents pour une même conviction : la transmission n’est jamais à sens unique.
Clovis Taittinger : transmettre sans rompre avec le passé
Clovis Taittinger, directeur général de la Maison Champagne Taittinger aux côtés de sa sœur et représentant de la quatrième génération familiale, porte une vision exigeante de la transmission.
Selon lui, un héritage ne se résume ni à un nom ni à une succession. « Transmettre, c’est accepter une responsabilité au service d’une histoire plus grande que soi », témoigne-t-il.
Son témoignage met en avant plusieurs piliers : le savoir-faire, la continuité, l’anticipation et l’ouverture au changement. Il insiste sur la nécessité de préserver le caractère des savoirs en veillant à assurer une bonne transmission de la culture. Mais cette transmission ne vaut que si elle s’accompagne d’anticipation. En près de cent ans, la maison Taittinger n’a connu que quatre chefs de cave, preuve qu’un passage de relais se prépare dans le temps.
Clovis Taittinger insiste sur la nécessité de rester ouvert aux évolutions de la société, afin de faire vivre l’héritage sans jamais le figer.
Léo Maisonnave-Couterou : l’alternance comme accélérateur
Le témoignage de Léo Maisonnave-Couterou, chef de projet Data IA au sein de l’activité maintenance de Viaposte, illustre concrètement le pouvoir de l’expérience terrain au service de la transmission. Après trois ans d’alternance, il évoque des rencontres décisives qui lui ont permis de gagner en confiance.
Son constat est simple : « Dans le secteur de la maintenance, on ne peut pas tout apprendre à l’école ». Il poursuit en précisant que les partages d’expérience lui ont presque fait « gagner dix ans ».
Son parcours montre aussi que la transmission ne doit pas être unilatérale. Dans ses missions autour de la data et de l’IA, Léo accompagne des équipes plus expérimentées dans l’appropriation de nouveaux outils. Il en tire une leçon claire : le changement ne passe pas seulement par la technologie, mais aussi par la relation humaine.
« Certains ont beaucoup de mal à s’adapter aux nouveaux outils ou se montrent réfractaires au changement. Mon rôle, c’est aussi de créer du lien, de comprendre les problématiques, les contraintes et les besoins de chacun. Cela me permet d’apporter de meilleurs outils pour aider, avancer ensemble et non séparément. »
Catherine Goldfarb : chez Viaposte, la transmission se structure
Pour Catherine Goldfarb, DRH de Viaposte, la transmission doit être pensée et accompagnée. « C’est par la transmission des compétences que tout se passe », rappelle-t-elle.
Dans cette logique, l’alternance est un pilier de l’entreprise. Chaque année, Viaposte accueille une soixantaine d’alternants dans ses métiers et ses fonctions supports. Mais il faut aussi former celles et ceux qui transmettent : « On peut être un bon professionnel et ne pas savoir nécessairement comment transmettre son savoir. Ce n’est pas inné. »
L’entreprise s’appuie aussi sur le mentorat, « un dispositif d’accompagnement au développement professionnel ». Cette logique s’inscrit dans une tendance plus large : selon une étude de l’Apec publiée en 2025, 55 % des entreprises ont déjà mis en place des actions de transmission des savoirs, notamment via le mentorat ou le tutorat.
Catherine Goldfarb rappelle enfin que cette mixité générationnelle participe à la fois à « un bon climat social » et à « la performance collective ». Viaposte compte 30 % de salariés ayant plus de dix ans d’ancienneté et 15 % plus de vingt ans d’ancienneté.
L’entreprise expérimente aussi des dispositifs pour les seniors, avec des missions de tutorat pour certains collaborateurs de plus de 55 ans et des congés supplémentaires à partir de 60 ans dans une optique de réduction de la pénibilité.
Bruno Bongeot : transmettre pour rendre les autres meilleurs que soi
Le témoignage de Bruno Bongeot, responsable d’exploitation sur une implantation logistique de Viaposte à Pontcharra, apporte une vision très opérationnelle au sujet. Proche de la retraite, il porte une conviction simple : « la transmission, ça doit être un plaisir et non une peur ».
Son objectif est clair : former quelqu’un pour qu’il devienne meilleur que soi. « Gardez les qualités que vous voyez en moi » et « éliminez les défauts » : cette formule résume bien sa manière de manager.
Transmettre, ce n’est pas chercher à être reproduit à l’identique, c’est au contraire accepter que l’autre s’approprie l’expérience reçue pour l’améliorer.
Bruno Bongeot raconte ainsi avoir lui-même revu une méthode de travail après qu’un collaborateur lui ait montré une solution plus efficace que la sienne. Un exemple très parlant, qui montre que l’expérience ne descend pas uniquement des plus anciens vers les plus jeunes : elle se construit aussi dans l’écoute, dans la remise en question et dans la capacité à apprendre des autres, même des plus jeunes.
Viaposte fait de la transmission un levier collectif
À l’occasion de cette 5ème édition de L’Émission, Viaposte défend une conviction forte qui résonne comme un mantra : au travail, chacun a quelque chose à apprendre de l’autre.
Alternance, tutorat, mentorat, accompagnement des seniors, valorisation de l’expérience terrain : la transmission se construit au quotidien dans des dispositifs concrets au service de la cohésion et de la performance.




